A free download from http://www.dertz.in Contes pour les petits gar?ons The Project Gutenberg EBook of Contes pour les petits gar?ons by Johann Christopher Schmid This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.net Title: Contes pour les petits gar?ons Author: Johann Christopher Schmid Release Date: November 17, 2004 [EBook #14069] Language: French Character set encoding: ISO-8859-1 *** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CONTES POUR LES PETITS GAR?ONS *** Produced by Suzanne Shell, Melissa Er-Raqabi, Pourlean and the PG Online Distributed Proofreading Team. This file was produced from images generously made available by the Biblioth¨¨que nationale de France (BnF/Gallica) CONTES POUR LES PETITS GAR?ONS 5e S¨¦RIE PETIT IN-19. [Illustration] CONTES POUR LES PETITS GAR?ONS PAR SCHMIDT. 1885 LIMOGES EUG¨¨NE ARDANT ET Cie, ¨¦DITEURS CONTES POUR LES PETITS GAR?ONS. DIEU. M. Leblond ¨¦tait un n¨¦gociant que son commerce avait oblig¨¦ ¨¤ faire un long voyage en Am¨¦rique. Sa femme ¨¦tait rest¨¦e en France avec deux petits gar?ons, l'un qui n'avait que quelques mois, et l'autre ag¨¦ d'un an de plus. L'absence du p¨¨re dura plus de cinq ans. Un matin que madame Leblond venait de faire faire ¨¤ ses enfants leurs pri¨¨res, elle entendit l'a?n¨¦ qui disait au plus jeune:--?a m'ennuie de prier le bon Dieu et de le remercier; le vois-je? me donne-t-il quelque chose? La m¨¨re fut profond¨¦ment afflig¨¦e de ce propos impie; elle allait appeler l'enfant pour le r¨¦primander et lui faire une instruction, lorsqu'on apporta une caisse que son mari lui envoyait. Les enfants accoururent et ils virent qu'il y avait dans la caisse de belles ¨¦toffes pour leur faire des habits ainsi qu'¨¤ leur m¨¨re, des confitures d'ananas, d'autres sucreries d'Am¨¦rique, enfin de l'argent pour acheter tout ce qui ¨¦tait n¨¦cessaire aux besoins de la famille. Il y avait aussi une lettre dont la m¨¨re lut ¨¤ ces fils ce passage: ?Dis ¨¤ mes chers enfants qu'ils soient toujours bons et sages, nous serons bient?t r¨¦unis. Quand ils pourront ¨ºtre aupr¨¨s de moi, je leur ferai des pr¨¦sents bien plus beaux que ceux contenus dans la caisse.? Adolphe, dit la m¨¨re ¨¤ son fils a?n¨¦, crois-tu que ton p¨¨re existe? tu ne l'a jamais vu.--Oh! maman, j'en suis bien s?r: d'abord vous m'en parlez toujours, et puis voil¨¤ des cadeaux qu'il nous envoie, sans compter les belles promesses qu'il nous fait dans sa lettre.--Bien, mon fils; mais comment doutes-tu de l'existence de Dieu? je t'en parle tous les jours, la lumi¨¨re du soleil, les fruits, les fleurs, tout ce qu'il y a de bon et de beau sur la terre, sont des pr¨¦sents qu'il fait ¨¤ chaque instant ¨¤ toi et ¨¤ tous les hommes. Le saint Evangile est un ¨¦crit qu'il a dict¨¦ lui-m¨ºme, et par lequel il nous promet ¨¤ tous un bonheur ¨¦ternel si nous lui t¨¦moignons notre reconnaissance par une bonne conduite: tu vois bien que tu as les m¨ºmes motifs de croire ¨¤ l'existence du bon Dieu que de croire ¨¤ l'existence de ton p¨¨re. LA PLUIE. Un marchand, parti de bon matin, se rendait ¨¤ la ville voisine. Il ¨¦tait ¨¤ cheval et avait une valise remplie d'or et d'argent, car il voulait faire de grands achats. Il tombait une pluie violente, et l'eau ruisselait sur les v¨ºtements du pauvre homme.--En v¨¦rit¨¦, disait-il, Dieu, qui fait tomber la pluie quand il veut, aurait bien pu attendre jusqu'¨¤ ce soir! La pluie cessa et le marchand arriva sur le bord d'un grand bois qu'il lui fallut traverser. Quand il fut au milieu, il vit para?tre deux voleurs qui lui cri¨¨rent d'arr¨ºter, et comme le marchand se sauvait de toute la vitesse de son cheval, chacun d'eux voulut lui tirer un coup de fusil, mais la longue pluie avait mouill¨¦ la poudre des voleurs, et leurs fusils ne partirent pas. Quand le marchand fut sorti du bois, il ¨¦leva les mains au ciel et dit:--O J¨¦sus, mon Dieu, j'ai murmur¨¦ contre vous et contre la pluie qu'il vous plaisait d'envoyer, parce qu'elle m'incommodait dans mon voyage. Cependant, cette pluie ¨¦tait un bienfait. Si le temps e?t ¨¦t¨¦ sec et beau, la poudre des voleurs se fut enflamm¨¦e, ils m'eussent tu¨¦ et vol¨¦. Pardonnez-moi mon offense, ? mon Dieu! ¨¤ l'avenir je me soumettrai respectueusement ¨¤ votre sage volont¨¦. LA SOURCE. Le petit Guillaume ¨¦tait plein de fougue et d'imp¨¦tuosit¨¦; quelque chose qu'il fit, il s'y livrait avec trop d'ardeur. Parfois il travaillait avec tant d'acharnement qu'il se rendait malade. Dans ses jeux il mettait tant de vivacit¨¦ et d'abandon que souvent il se faisait des blessures dangereuses. Un jour que, dans l'¨¦t¨¦ il courait apr¨¨s des papillons, il se livra avec emportement ¨¤ ce plaisir, et se mit tout en nage et hors d'haleine. Mourant de soif, il rencontra une belle source dont l'eau claire comme le cristal, et froide comme la glace, coulait ¨¤ l'ombre d'un bocage. Guillaume se pr¨¦cipita vers cette eau et en but ¨¤ longs traits: ¨¤ peine eut-il commis cette imprudence qu'il se sentit malade et ne put qu'¨¤ grand'peine retourner chez son p¨¨re; on le mit au lit, il fut pris d'une fi¨¨vre dangereuse, et sa vie fut en danger. --Ah! mon p¨¨re, disait-il un jour, qui e?t pens¨¦ que cette belle source cont?nt un poison si dangereux? que les apparences sont trompeuses.--Tu accuses ¨¤ tort la source, r¨¦pondit le p¨¨re; c'est elle qui fournit le ruisseau dont nous buvons l'eau chaque jour, jamais elle ne nous a nui; mais toi, tu l'as rendue malfaisante en la prenant la plus fra?che possible, au moment o¨´ ton corps ¨¦tait tout bouillant de chaleur; c'est ton imprudence qui a fait un poison de cette eau salutaire: n'oublie pas que l'exc¨¨s corrompt les meilleures choses. LES POMMES. Tous les vices se tiennent par la main, la gourmandise m¨¨ne le vol. Philibert ¨¦tait un petit gourmand: de la fen¨ºtre de sa chambre, il voyait de belles pommes dans un jardin pr¨¨s de l¨¤, Il succomba ¨¤ la tentation que l'aspect de ce fruit lui faisait ¨¦prouver, et de grand matin il chercha ¨¤ p¨¦n¨¦trer dans le jardin o¨´ se trouvait l'objet de sa convoitise. Il d¨¦couvrit ¨¤ la haie qui en formait la cl?ture un petit trou qu'il parvint ¨¤ agrandir, et y passa avec grande peine en s'¨¦gratignant les mains et en salissant ses v¨ºtements. Il arriva enfin aupr¨¨s du pommier et se hata de remplir de plus beaux fruits les poches de son habit. Au moment o¨´ il allait partir, il vit arriver le ma?tre du jardin, qui se mit ¨¤ sa poursuite. Comme Philibert courait bien, il parvint ¨¤ temps au trou de la haie, engagea promptement sa t¨ºte et ses ¨¦paules; mais, comme l'espace ¨¦tait juste, les poches gonfl¨¦es de pommes ne purent passer, et le retinrent comme dans un pi¨¦ge. Le ma?tre du jardin arriva, et apr¨¨s avoir ri de grand coeur de l'aventure singuli¨¨re, il reprit ses pommes, fustigea le voleur et lui dit:--C'est la chose m¨ºme que tu as vol¨¦e qui est cause que tu es puni pour ton vol. L'ENVIEUX. Un jardinier, qui ¨¦tait fort habile cultivateur, cultivait dans son terrain les plus beaux l¨¦gumes et les plus beaux fruits. Il se levait de grand matin, se couchait tard, et travaillait tout le jour. Il y avait dans le voisinage un autre jardinier, qui n'¨¦tait pas moins habile, mais qui ¨¦tait envieux de tout ce qui arrivait d'heureux ¨¤ son prochain. Chaque fois qu'il voyait que les arbres ou les autres plantes du premier donnaient de belles esp¨¦rances, il en ¨¦tait tout soucieux: c'¨¦tait bien pire quand ces esp¨¦rances se r¨¦alisaient: il ¨¦tait d¨¨sol¨¦. Une ann¨¦e il avait remarqu¨¦ que la treille de son voisin annon?ait une superbe r¨¦colte, tandis que la sienne ne promettait rien de bon, sans doute parce qu'elle ¨¦tait moins bien expos¨¦e. Ne pouvant r¨¦sister au d¨¦sir de satisfaire son envie, il se leva la nuit et coupa toutes les plus belles branches des ceps de vigne de son confr¨¨re; il s'en alla sans qu'on l'e?t vu, et le lendemain apprit avec joie que celui-ci ¨¦tait plong¨¦ dans la douleur. Or, dans ce temps-l¨¤ on ne connaissait pas l'art de tailler la vigne; l'on ne savait pas que pour obtenir des raisins beaux et bons il faut retrancher ¨¤ chaque pied la plus grande partie des branches nouvelles. L'on fut donc bien ¨¦tonn¨¦ de voir que la treille, loin de souffrir, produisit des raisins en tr¨¨s-grande abondance et d¨¦licieux. L'envieux ¨¦prouva une telle douleur qu'il en tomba malade. Mais son voisin, qui r¨¦fl¨¦chit sur cet ¨¦v¨¦nement, comprit qu'il avait eu lieu parce qu'en retranchant une partie des branches, toute la s¨¨ve de chaque pied de vigne avait profit¨¦ au fruit. De cette observation, il d¨¦duisit l'art de tailler la vigne, qui devint pour lui une source de fortune. L'envieux en mourut de d¨¦pit. LES CAILLOUX. Floret servait comme gar?on chez un marchand d'eau-de-vie; il s'¨¦tait habitu¨¦ ¨¤ en boire de plus en plus, si bien qu'¨¤ la fin il en consommait chaque jour une demi-bouteille, que son ma?tre lui donnait comme gages. Cette boisson funeste d¨¦truisait sa sant¨¦; il fut oblig¨¦ d'appeler le m¨¦decin, qui lui dit qu'il p¨¦rirait bient?t s'il ne cessait de boire de l'eau-de-vie.--L'habitude est trop bien prise, r¨¦pondit Floret, il faut chaque jour que je vide cette bouteille, je ne puis m'en emp¨ºcher. Le lendemain, le m¨¦decin vint et lui dit: J'ai song¨¦ ¨¤ un autre moyen; prenez cette bo?te de cailloux, et tous les matins vous en jetterez trois dans votre bouteille. Si vous avez soin d'y laisser et les nouveaux et les anciens, la liqueur cessera de vous ¨ºtre nuisible; mais surtout ne changez pas de bouteille! Le malade ex¨¦cuta l'ordonnance, et comme chaque jour sa bouteille contenait moins d'eau-de-vie, il se d¨¦shabitua peu ¨¤ peu de cette funeste boisson, et ne s'aper?ut de la ruse du m¨¦decin que lorsque la bouteille fut toute pleine de cailloux. LA PIERRE. Philippe ¨¦tait un homme riche, dur et grossier; il maltraitait tous ceux qu'il employait ¨¤ son service. Il se prit de querelle avec un pauvre journalier auquel il demandait une chose impossible. Celui-ci fut oblig¨¦ d'abandonner le travail qu'il avait commenc¨¦. Philippe, furieux, prit une pierre et la jeta ¨¤ ce malheureux, qu'il atteignit. Le journalier alla ramasser la pierre et la mit dans sa poche, pensant qu'un jour ou l'autre il trouverait l'occasion de rendre ¨¤ Philippe coup pour coup. En effet, ce mauvais riche fut, dans sa vieillesse, r¨¦duit ¨¤ la mendicit¨¦, et il vint demander l'aum?ne ¨¤ la porte de la cabane du journalier. Celui-ci accourut avec sa pierre, en se disant que le moment de la vengeance ¨¦tait arriv¨¦. Mais ¨¤ la vue des haillons du ci-devant riche et de son air mis¨¦rable, il s'arr¨ºta et dit:--Je vois bien que l'homme ne doit jamais se venger, car si notre ennemi est fort et puissant, l'on court du danger en le faisant; la vengeance ne sera donc l'oeuvre que d'un fou. Si au contraire notre ennemi est faible et dangereux, il serait infame d'en abuser pour le maltraiter sans crainte; la vengeance alors serait l'acte d'un lache. LE PAIN. La ville de Blois ¨¦tait d¨¦sol¨¦e par une grande disette. Un homme riche, voulant soulager ceux qui avaient le plus besoin de secours, r¨¦unit chez lui vingt enfants des plus pauvres familles. Il fit apporter une grande corbeille et leur dit:--Il y a l¨¤-dedans vingt pains, vous en aurez chacun un, partagez-vous-les d¨¨s ¨¤ pr¨¦sent. Chaque jour vous en trouverez autant ici ¨¤ la m¨ºme heure. A ces mots, les enfants se pr¨¦cipit¨¨rent vers la corbeille et se disput¨¨rent ¨¤ qui aurait le pain le plus gros et le mieux cuit. Quand chacun eut le sien, ils se retir¨¨rent sans remercier leur bienfaiteur; il ne resta dans la salle que la petite Fanny, qui s'¨¦tait tenue ¨¤ l'¨¦cart; elle s'approcha alors de la corbeille, prit le pain qui avait ¨¦t¨¦ d¨¦daign¨¦ par tous les autres, puis elle alla baiser la main de l'homme g¨¦n¨¦reux qui le lui donnait, se retira tranquillement, et porta ce pain ¨¤ sa m¨¨re qui ¨¦tait malade, pour le partager avec elle. Le lendemain, les choses se pass¨¨rent de m¨ºme, mais le pain qui resta ¨¤ Fanny ¨¦tait de moiti¨¦ plus petit que les autres. Elle le prit sans murmurer, remercia le bienfaiteur comme la veille, et remit le pain ¨¤ sa m¨¨re. Lorsque celle-ci l'entama, elle en vit sortir une grande quantit¨¦ de pi¨¨ces d'argent.--Va les rapporter, dit-elle ¨¤ Fanny, c'est sans doute par accident que cet argent se trouve dans le pain. Fanny s'empressa d'ob¨¦ir ¨¤ sa m¨¨re, mais le bienfaiteur refusa de reprendre la somme. Gardez-l¨¤, mon enfant, lui dit-il, c'est expr¨¨s que je l'ai fait mettre dans le plus petit pain, afin que votre mod¨¦ration et votre gratitude eussent leur r¨¦compense. LE CLOU. Paul sella son cheval pour aller porter au propri¨¦taire de la ferme qu'il occupait le prix de son loyer. Au moment de monter ¨¤ cheval, il vit qu'il manquait un clou ¨¤ l'un des fers.--Ce n'est pas la peine de le remettre, se dit-il, faute d'un clou mon cheval ne restera pas en route. A une lieue de chez lui, Paul vit que le cheval avait perdu le fer o¨´ il manquait un clou: Je pourrais bien, dit-il, faire remettre un fer ¨¤ la forge voisine, mais je perdrais trop de temps; mon cheval arrivera bien ¨¤ la ville avec trois fers. Plus tard, le cheval prit une ¨¦pine et se blessa:--Je pourrais, se dit-il encore, faire soigner ma monture; mais il n'y a plus qu'un quart de lieue d'ici ¨¤ la ville;--elle terminera bien la route comme ?a. Quelques minutes apr¨¨s, le cheval en boitant fit un faux pas, tomba, et Paul se d¨¦mit l'¨¦paule; on le transporta dans un village pr¨¨s de l¨¤, o¨´ pendant dix jours il fallut soigner l'homme et le cheval. Il ¨¦tait bien d¨¦sol¨¦ de perdre ainsi son temps et son argent. Il se disait ¨¤ part lui:--Il n'y a pas de petites n¨¦gligences; si j'avais mis un clou, mon cheval n'aurait pas perdu son fer; il ne serait pas bless¨¦; si je l'eusse fait panser ¨¤ temps, je ne me serais pas d¨¦mis l'¨¦paule. Cette le?on me profitera pour l'avenir. L'¨¦CU. Thomas ¨¦tait un villageois plein de piti¨¦; il avait ¨¤ son service un charretier qui avait la coupable habitude de jurer, de s'emporter et de dire les plus grossi¨¨res injures aux hommes et aux animaux; son ma?tre lui faisait de fr¨¦quentes r¨¦primandes et lui repr¨¦sentait que c'¨¦tait offenser Dieu que d'agir ainsi.--Vraiment, r¨¦pondit-il, je voudrais bien me corriger; mais l'habitude est plus forte que moi, il m'est impossible de la vaincre. Un matin, Thomas dit ¨¤ son charretier:--Tiens, voil¨¤ un ¨¦cu tout neuf; je te le donnerai ce soir, si d'ici-l¨¤ tu ne prononces pas un jurement et si tu ne te livres ¨¤ aucun emportement. Le charretier accepta le march¨¦ avec grand plaisir. En vain les autres domestiques s'efforc¨¨rent de lui faire perdre l'¨¦cu, et s'entendirent entre eux pour le mettre hors de lui; le charretier sut se d¨¦fendre de leurs attaques sans col¨¨re, sans injures et sans jurements. Quand le soir fut venu. Thomas lui donna l'¨¦cu en disant:--Rougis d'avoir pu faire pour une mis¨¦rable pi¨¨ce d'argent ce que ni ton affection pour ton ma?tre ni la crainte de Dieu n'avaient pu obtenir de toi. Le charretier sentit que le reproche ¨¦tait juste; il fit de v¨¦ritables efforts pour se corriger, et y parvint. L'AVEUGLE. Andr¨¦ ¨¦tait aveugle de naissance; un jour qu'il revenait de l'¨¦glise, il marchait fort lentement et se guidait ¨¤ l'aide du baton qu'il tenait ¨¤ la main. Lucas, son cousin, lui dit:--Je parie dix ¨¦cus que je courrai plus vite que toi. Les personnes qui se trouvaient l¨¤ s'indign¨¨rent de cette mauvaise plaisanterie, elles furent fort ¨¦tonn¨¦es d'entendre l'aveugle r¨¦pondre:--J'accepte le pari, mais ¨¤ condition que tu me laisseras choisir le moment de la course. Lucas fut enchant¨¦, et il voulait qu'on d¨¦posat l'argent dans les mains d'un des assistants. Sa joie fut moins vive quand Andr¨¦ lui dit:--Nous partirons ce soir au coup de minuit et nous verrons qui arrivera le premier ¨¤ la ville voisine. Les deux concurrents se mirent en route ¨¤ l'heure dite; la nuit ¨¦tait tr¨¨s-obscure et le chemin traversait un bois ¨¦pais. Andr¨¦, pour lequel la clart¨¦ du jour et l'obscurit¨¦ ¨¦taient la m¨ºme chose, arriva deux heures apr¨¨s ¨¤ la ville, car il ¨¦tait habitu¨¦ ¨¤ parcourir ce chemin sans le secours de ses yeux; quant ¨¤ Lucas, il s'¨¦gara dans la for¨ºt; apr¨¨s ¨ºtre tomb¨¦ vingt fois, il retourna sans s'en apercevoir sur ses pas, de sorte que l'aveugle ¨¤ son retour le rencontra tout pr¨¨s du village. Tout le monde rit aux d¨¦pens de Lucas, qui perdit ses dix ¨¦cus. Andr¨¦ refusa de profiter de l'argent d'un pari et le distribua aux pauvres. LES TROIS BRIGANDS Dans un bois, trois brigands se tenaient en embuscade. Il vint ¨¤ passer un marchand, qui portait avec lui des sommes consid¨¦rables et des objets de grands prix; les brigands le tu¨¨rent et s'empar¨¨rent de tout ce qu'il poss¨¦dait. Ils r¨¦solurent de faire bonne ch¨¨re. Le plus jeune se chargea d'aller ¨¤ la ville voisine pour acheter du vin, des viandes cuites, enfin tout ce qui ¨¦tait n¨¦cessaire pour bien se r¨¦galer. A peine fut-il parti que les deux autres se dirent:--Si nous ¨¦tions seuls ¨¤ partager ces tr¨¦sors, ils nous suffiraient pour vivre. D¨¦barrassons-nous de cet autre quand il reviendra avec ses provisions. D¨¨s que nous l'aurons tu¨¦, nous partagerons en fr¨¨res, et nous irons vivre loin de ce pays. Le troisi¨¨me brigand se disait de son c?t¨¦:--Si je pouvais me d¨¦faire de mes deux compagnons, tout l'argent serait pour moi! Je vais empoisonner leur vin, ils en boiront, ils p¨¦riront tous deux, et je poss¨¦derai seul les tr¨¦sors du marchand. En effet, il acheta des vivres, m¨ºla dans le vin un poison violent et retourna dans le bois. A peine fut-il arriv¨¦ pr¨¨s de ses compagnons, que ceux-ci se jet¨¨rent sur lui et le tu¨¨rent ¨¤ coup de poignard. Ils se mirent ensuite ¨¤ manger, burent du vin auquel ¨¦tait m¨ºl¨¦ le poison, et expir¨¨rent dans des douleurs atroces. Juste punition de la providence! preuve nouvelle que les m¨¦chants ne peuvent se fier les uns aux autres. LA M¨¦SANGE Regarde, disait Xavier ¨¤ sa soeur, voici une jolie m¨¦sange qui se perche sur un arbre; je vais y placer mon tr¨¦buchet, et je suis s?r que tout ¨¤ l'heure j'aurai l'oiseau en ma possession. Il grimpa sur l'arbre, tendit son pi¨¦ge et se cacha avec sa soeur dans un ¨¦pais taillis. La pauvre m¨¦sange fut en effet bient?t prise. Xavier escalada l'arbre de nouveau, mais en descendant il tomba et se blessa ¨¤ la main; dans sa chute le tr¨¦buchet s'ouvrit et la m¨¦sange s'¨¦chappa. --Bon Dieu! Xavier, lui dit sa soeur, ¨¤ quel danger tu t'exposes; ne monte plus sur les arbres, car en montant tu pourrais te tuer.--Oh! ma chute est un accident, r¨¦pondit-il en riant, qui ne m'emp¨ºcherait pas de recommencer tout de suite, mais ce serait peine perdue: la m¨¦sange conna?t maintenant le pi¨¦ge; elle n'en approchera plus.--Si ce que tu dis est vrai, mon fr¨¨re, cet animal sans raison est plus sage que toi, car il fuit le pi¨¦ge qui l'a pris, et toi, ¨¤ peine ¨¦chapp¨¦ ¨¤ un danger mortel, tu le braverais de nouveau pour satisfaire une fantaisie. LES MARRONS. Alfred ¨¦tait cit¨¦ pour sa gourmandise; d¨¨s qu'il avait quelque argent, il l'employait ¨¤ acheter des gateaux et des sucreries. Il aspirait tout le long du jour au moment de se mettre ¨¤ table, et apr¨¨s avoir bien bu et bien mang¨¦, il s'effor?ait encore d'attraper quelque chose dans l'office ou dans le buffet. Un marchand vint proposer ¨¤ son p¨¨re de lui vendre des marrons de Lyon; comme on n'en cultivait pas dans le pays, Alfred ne savait ce que c'¨¦tait; il demanda au marchand si ces fruits bruns ¨¦taient bons ¨¤ manger; celui-ci r¨¦pondit qu'ils ¨¦taient excellents, surtout quand on les mettait cuire sous la cendre chaude. Le p¨¨re d'Alfred ne tomba pas d'accord avec le marchand et ne lui acheta pas de marrons, mais Alfred eut l'adresse de lui en d¨¦rober plusieurs poign¨¦es qu'il cacha dans ses poches. Aussit?t il descend ¨¤ la cuisine; tandis que la cuisini¨¨re est occup¨¦e dehors, il met ses marrons sur le foyer, les couvre de cendre rouge, de charbons br?lants, et attend avec impatience le moment de go?ter de ces fruits dont on lui avait vant¨¦ la saveur: il ¨¦coutait avec plaisir le bruit que les marrons commen?aient ¨¤ faire, lorsque tout-¨¤-coup l'un d'eux fait explosion et lance au visage du petit gourmand, qui se tenait tout pr¨¨s, les cendres avec les charbons. Alfred, ¨¦tourdi, aveugl¨¦, se mit ¨¤ courir dans la cuisine en poussant des cris, en se cognant contre les meubles et contre les murs. Le p¨¨re accourt, et quand il s'est assur¨¦ que son fils n'est pas bless¨¦, il lui inflige la punition que m¨¦ritaient et sa gourmandise et son vol. LE PAIN ET L'EAU. D¨¦sir¨¦, qui avait pour p¨¨re un riche propri¨¦taire, d¨¦jeunait un matin dans une chambre basse donnant sur la rue. La maison de son p¨¨re ne se ressentait sans doute pas de la disette qui r¨¦gnait alors et de la chert¨¦ des vivres, car la table ¨¦tait charg¨¦e de mets de toute esp¨¨ce. Le pauvre Guillot, gardeur de moutons dans la montagne, n'avait, lui, ¨¤ manger que le quart du n¨¦cessaire; ¨¦tant venu ce jour-l¨¤ ¨¤ la ville, il vit D¨¦sir¨¦ ¨¤ table, s'approcha de la fen¨ºtre et lui demanda un petit morceau de pain:--Va-t'en, r¨¦pondit celui-ci, je n'ai pas de pain pour toi. Quelques mois s'¨¦coul¨¨rent, et par une chaude journ¨¦e d'automne, D¨¦sir¨¦ ¨¦tait all¨¦ ¨¤ la chasse dans la montagne; il s'¨¦gara en poursuivant une pi¨¨ce de gibier et arriva, apr¨¨s une longue marche, dans un canton tout-¨¤-fait inhabit¨¦, o¨´ les passages ¨¦taient d'un acc¨¨s fort difficile. Il erra longtemps sous le br?lant soleil du midi, monta, descendit vingt fois, et se fatigua beaucoup; en outre, il ¨¦tait affam¨¦, mourant de soif. Il trouva bien dans sa carnassi¨¨re un morceau de pain pour satisfaire son app¨¦tit; mais quand il eut mang¨¦, sa soif devint plus ardente encore; il n'avait rien pour l'apaiser. Dans ce moment il aurait pay¨¦ un verre d'eau au poids de l'or. Enfin il aper?ut, sur une montagne voisine de l'endroit o¨´ il ¨¦tait, un homme qui gardait des moutons. Il courut vers lui pour lui demander ¨¤ boire. O bonheur! en approchant, il vit que le berger avait une grande cruche pleine d'eau; cette boisson lui semblait cent fois plus d¨¦sirable que les meilleurs vins, et il esp¨¦rait bien qu'il allait s'en r¨¦galer. Mais, h¨¦las! quand il fut tout pr¨¨s il reconnut le pauvre Guillot; il se hasarda cependant ¨¤ lui demander un verre d'eau.--Allez-vous-en, lui r¨¦pondit celui-ci, je n'ai pas d'eau pour vous. Vraiment D¨¦sir¨¦ offrit-il de payer cette eau vingt sous le verre, puis cent sous, puis vingt francs. Guillot refusa obstin¨¦ment. D¨¦sir¨¦ eut de nouveau recours aux pri¨¨res, et le berger lui r¨¦pondit:--Je n'ai l'intention ni de vous refuser mon eau, ni de vous la vendre; mais j'ai voulu vous faire voir combien il est dur d'¨ºtre repouss¨¦ quand on souffre de la faim ou de la soif. Buvez donc tant que vous voudrez, et n'oubliez plus que les besoins des pauvres sont aussi imp¨¦rieux que les v?tres. Cette le?on fit apercevoir ¨¤ D¨¦sir¨¦ toute la duret¨¦ de sa conduite pass¨¦; il r¨¦compensa magnifiquement Guillot, et depuis se montra charitable envers tous les n¨¦cessiteux. L'HARMONIE Un jeune homme ¨¦lev¨¦ dans une retraite absolue n'avait jamais entendu de musique. Une maladie dont il fut atteint le rendit compl¨¨tement sourd; on l'emmena dans une grande ville pour le soigner et faire en sorte de lui rendre l'ou?e. Pendant qu'on le traitait, son p¨¨re le mena dans une maison o¨´ il y avait un concert. Le sourd rit beaucoup de tous les mouvements, de toutes les grimaces des ex¨¦cutants. Il demanda ce que faisaient ces gens-l¨¤. On lui dit que c'¨¦tait de la musique; alors il r¨¦p¨¦tait ¨¤ tout le monde que la musique ¨¦tait la chose la plus folle et la plus ridicule du monde; qu'il ne concevait pas quel but l'on voulait atteindre en frottant l'un contre l'autre certains instruments, et en soufflant dans d'autres;--puisque cela ne produisait rien, disait-il, tr¨¨s-certainement tous ces musiciens sont des fous. Le jeune homme gu¨¦rit et recouvra la facult¨¦ d'entendre. On le mena de nouveau au concert. Quels furent sa surprise et ses transports! Il comprenait alors la raison de tout ce qui lui avait sembl¨¦ si absurde; chaque mouvement des doigts, chaque souffle de la bouche, produisait son effet, et tous ces effets r¨¦unis formaient un ensemble ravissant.--Oh! que j'¨¦tais fou moi-m¨ºme, disait-il, je voulais juger de la musique et je n'entendais pas! Un vieillard qui se trouvait l¨¤ dit ¨¤ son fils:--Mon enfant, n'oublie pas les paroles de ce jeune homme, et si jamais tu avais la tentation de juger des voies de la providence divine ou de te plaindre de ce qui arrive, souviens-toi que nous sommes relativement ¨¤ l'oeuvre de Dieu dans la m¨ºme situation qu'un sourd qui entend la musique. Songe que quand apr¨¨s notre mort, nos yeux seront ouverts, nous verrons r¨¦gner dans le monde une harmonie plus parfaite que celle du meilleur concert, et que si nous ne la voyons pas ici-bas, c'est que nous sommes aveugles, de m¨ºme que ce jeune homme ¨¦tait sourd. FIN. TABLE Dieu. 5 La Pluie. 10 La Source. 13 Les Pommes. 16 L'Envieux. 19 Les Cailloux. 23 La Pierre. 26 Le Pain. 29 Le Clou. 33 L'¨¦cu. 36 L'Aveugle. 39 Les trois Brigands. 42 La M¨¦sange. 46 Les Marrons. 48 Le Pain et l'Eau. 52 L'Harmonie. 58 FIN DE LA TABLE Limoges.--Imp. E. ARDANT et Cie. End of the Project Gutenberg EBook of Contes pour les petits gar?ons by Johann Christopher Schmid *** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CONTES POUR LES PETITS GAR?ONS *** ***** This file should be named 14069-8.txt or 14069-8.zip ***** This and all associated files of various formats will be found in: http://www.gutenberg.net/1/4/0/6/14069/ Produced by Suzanne Shell, Melissa Er-Raqabi, Pourlean and the PG Online Distributed Proofreading Team. This file was produced from images generously made available by the Biblioth¨¨que nationale de France (BnF/Gallica) Updated editions will replace the previous one--the old editions will be renamed. Creating the works from public domain print editions means that no one owns a United States copyright in these works, so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United States without permission and without paying copyright royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you do not charge anything for copies of this eBook, complying with the rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose such as creation of derivative works, reports, performances and research. They may be modified and printed and given away--you may do practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is subject to the trademark license, especially commercial redistribution. *** START: FULL LICENSE *** THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free distribution of electronic works, by using or distributing this work (or any other work associated in any way with the phrase "Project Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project Gutenberg-tm License (available with this file or online at /license). Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm electronic works 1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to and accept all the terms of this license and intellectual property (trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession. If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. 1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be used on or associated in any way with an electronic work by people who agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works even without complying with the full terms of this agreement. See paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic works. See paragraph 1.E below. 1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation" or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the collection are in the public domain in the United States. If an individual work is in the public domain in the United States and you are located in the United States, we do not claim a right to prevent you from copying, distributing, performing, displaying or creating derivative works based on the work as long as all references to Project Gutenberg are removed. Of course, we hope that you will support the Project Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with the work. You can easily comply with the terms of this agreement by keeping this work in the same format with its attached full Project Gutenberg-tm License when you share it without charge with others. 1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in a constant state of change. If you are outside the United States, check the laws of your country in addition to the terms of this agreement before downloading, copying, displaying, performing, distributing or creating derivative works based on this work or any other Project Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning the copyright status of any work in any country outside the United States. 1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: 1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed, copied or distributed: This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.net 1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived from the public domain (does not contain a notice indicating that it is posted with permission of the copyright holder), the work can be copied and distributed to anyone in the United States without paying any fees or charges. If you are redistributing or providing access to a work with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or 1.E.9. 1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted with the permission of the copyright holder, your use and distribution must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the permission of the copyright holder found at the beginning of this work. 1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm License terms from this work, or any files containing a part of this work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. 1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this electronic work, or any part of this electronic work, without prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with active links or immediate access to the full terms of the Project Gutenberg-tm License. 1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any word processing or hypertext form. However, if you provide access to or distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than "Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.net), you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm License as specified in paragraph 1.E.1. 1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. 1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided that - You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method you already use to calculate your applicable taxes. The fee is owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he has agreed to donate royalties under this paragraph to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments must be paid within 60 days following each date on which you prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax returns. Royalty payments should be clearly marked as such and sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the address specified in Section 4, "Information about donations to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation." - You provide a full refund of any money paid by a user who notifies you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm License. You must require such a user to return or destroy all copies of the works possessed in a physical medium and discontinue all use of and all access to other copies of Project Gutenberg-tm works. - You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the electronic work is discovered and reported to you within 90 days of receipt of the work. - You comply with all other terms of this agreement for free distribution of Project Gutenberg-tm works. 1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm electronic work or group of works on different terms than are set forth in this agreement, you must obtain permission in writing from both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the Foundation as set forth in Section 3 below. 1.F. 1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread public domain works in creating the Project Gutenberg-tm collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic works, and the medium on which they may be stored, may contain "Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by your equipment. 1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all liability to you for damages, costs and expenses, including legal fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE PROVIDED IN PARAGRAPH F3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH DAMAGE. 1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a written explanation to the person you received the work from. If you received the work on a physical medium, you must return the medium with your written explanation. The person or entity that provided you with the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a refund. If you received the work electronically, the person or entity providing it to you may choose to give you a second opportunity to receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy is also defective, you may demand a refund in writing without further opportunities to fix the problem. 1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE. 1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages. If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any provision of this agreement shall not void the remaining provisions. 1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance with this agreement, and any volunteers associated with the production, promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works, harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees, that arise directly or indirectly from any of the following which you do or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause. Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of electronic works in formats readable by the widest variety of computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from people in all walks of life. Volunteers and financial support to provide volunteers with the assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will remain freely available for generations to come. In 2001, the Project Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 and the Foundation web page at http://www.pglaf.org. Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit 501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by U.S. federal laws and your state's laws. The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered throughout numerous locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact information can be found at the Foundation's web site and official page at http://pglaf.org For additional contact information: Dr. Gregory B. Newby Chief Executive and Director gbnewby@pglaf.org Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide spread public support and donations to carry out its mission of increasing the number of public domain and licensed works that can be freely distributed in machine readable form accessible by the widest array of equipment including outdated equipment. Many small donations ($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt status with the IRS. The Foundation is committed to complying with the laws regulating charities and charitable donations in all 50 states of the United States. Compliance requirements are not uniform and it takes a considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up with these requirements. We do not solicit donations in locations where we have not received written confirmation of compliance. To SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any particular state visit http://pglaf.org While we cannot and do not solicit contributions from states where we have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition against accepting unsolicited donations from donors in such states who approach us with offers to donate. International donations are gratefully accepted, but we cannot make any statements concerning tax treatment of donations received from outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation methods and addresses. Donations are accepted in a number of other ways including including checks, online payments and credit card donations. To donate, please visit: http://pglaf.org/donate Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic works. Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be freely shared with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper edition. Most people start at our Web site which has the main PG search facility: http://www.gutenberg.net This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, including how to make donations to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. Contes pour les petits gar?ons A free ebook from http://www.dertz.in/